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Rashid Masharawi

Publié le mardi 21 février 2017, Thèmes : - Cinéastes

Rashid Masharawi est né en 1962 à Shati, dans un camp de réfugiés de la bande de Gaza, où il a vécu jusqu’à sa majorité : « Je suis un réfugié de Jaffa. Ma famille était partie pour deux semaines et ils sont réfugiés depuis 55 ans. » [1]

Dès l’âge de 18 ans il commence à travailler dans le milieu du cinéma : aux décors comme peintre et sculpteur. Après avoir participé à l’élaboration d’une vingtaine de films, il passe à la réalisation. Ses longs métrages et ses documentaires s’inspirent de sa propre expérience de la vie quotidienne en Palestine. Il fut un des rares cinéastes à travailler dans le pays pendant les années 1980-1990 et à décrire la vie dans les camps. Cette partie de son existence — qui le lie intimement à une histoire partagée par tout un peuple — est déterminante dans l’élaboration de son œuvre, il le dit lui-même : « L’occupation m’a d’abord occupée moi, en tant que personne […] Quand je parle de réfugiés, je suis moi-même un réfugié ».
Malgré des conditions de production difficiles, il réside toujours à Ramallah afin de témoigner de la vie sous l’occupation israélienne.

C’est dans cette ville qu’il fonde en 1993 le Centre de Production et de Distribution Cinématographique. Ce lieu devient vite un espace de création cinématographique pour les jeunes cinéastes palestiniens. Il occupe la place d’une école de cinéma qui, par ailleurs, diffuse au moyen d’un cinéma ambulant les films palestiniens sur le territoire occupé, et dans les camps de réfugiés. Cette boite de production sera aussi le moyen de monter des festivals, et d’exporter une première fois la scène palestinienne en Occident.

Rashid Masharawi a commencé à tourner à une époque où il n’y avait aucune institution pour soutenir le cinéma palestinien, même plus, les autorités Israéliennes faisaient obstacle au travail des réalisateurs par divers moyens. Cette situation a contraint Masharawi à adapter la forme de ses œuvres aux conditions de production, et par là-même à redoubler d’inventivité. Aujourd’hui il n’hésite plus à jouer avec les genres et les formes, comme il le raconte : « à présent j’alterne entre le documentaire, la fiction et le film expérimental (…) C’est toujours le sujet de mon film qui détermine mon choix ». [2]

Il a réalisé plusieurs courts métrages et documentaires dont « Long days in Gaza » en 1991, un documentaire sur la guerre du Golfe et ses influences dans la bande de Gaza.
A cette même période, enfermé dans son village natal durant 40 jours, il écrit le scénario de « Couvre-feu », qu’il réalise en 1993 (Prix Unesco – Festival de Cannes 1994).

Par la suite, il réalise notamment : « Haîfa » (1995), « Saison de l’amour » (2002), « Un ticket pour Jérusalem » (2002), « l’Attente » (2005), « L’anniversaire de Leila » (2008), « Lettres de Yarmouk » (2014).

Filmographie

Fiction :
1993 - Curfew
1996 – Haifa
2002 - Ticket to Jerusalem
2005 – Waiting (L’attente)
2008 - Laila’s Birthday
2013 – Palestine Stereo

Documentaire :
1990 - Dar o Dour
1991 - Long Days in Gaza
1994 - Waiting
1998 – Tension
1999 - Behind the Walls
2002 - Love season – Checkpoint
2003 - Live from Palestine
2005 - Arafat my brother
2009 - Little Wings
2014 - Letters from Yarmouk

Court métrage :
1986 - Travel Document
1989 - The shelter
1992 - The Magician
1997 – Rabab
2000 - Upside down
2000 - Out of focus
2003 - Hommos el Eid - Shaharazad


Lucas.


[1Rashid Masharawi dans Israéliens, Palestiniens que peut le cinéma ? de Janine Halbreich-Euvrard, p 24

[2Ibid, p 24

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