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Film « Ghost hunting » (Chasse au fantôme ou Istiyad Ashbah) de Raed Andoni

Publié le mercredi 15 mars 2017, Thèmes : - Films

Ce documentaire, mais on pourrait très bien parler aussi de fiction, plonge dans l’enfer des prisons israéliennes , il a reçu le premier prix du documentaire de la 67e Berlinade.

Ce film a été présenté en avant première au cours de la soirée d’ouverture du 3e festival « Palestine En Vue » le 5 avril 2017. Au cinéma Comoedia à Lyon.
En présence du réalisateur Raed Andoni, de l’acteur Ramzi Maqdisi et de l’invitée d’honneur du festival, la réalisatrice Ula Tabari.

Après Fix ME, produit par Rouge International et présenté à Sundance et à Cannes Sélection ACID en 2010, Raed Andoni a rassemblé pour son nouveau documentaire Ghost Hunting un groupe éclectique d’anciens prisonniers pour reconstruire la « Moscobiya ». Tous, comme le réalisateur, ont expérimenté ce centre pénitentiaire israélien. Cependant, aucun d’entre eux ne sait exactement à quoi il ressemble car tous avaient, lors de leurs déplacements, la vue entravée.
Au cours de ce processus de reconstruction, Raed tente d’en retrouver le souvenir afin d’explorer les mécanismes de la soumission totale.

Durée : 90 min – Palestine/France/Suisse

AUTEUR(S)-RÉALISATEUR(S)
Raed Andoni

PRODUCTION / DIFFUSION
Films de Zayna, Rouge International, DAR Films, Akka Films, ARTE France

Palestine/France/Suisse

Distributeur :
Urban Distribution International

Bande annonce


Critique du Parisien :

Le jury de la Berlinale a décerné dimanche le prix du meilleur documentaire, une nouveauté de cette 67e édition, à une expérience cinématographique en forme de thérapie collective sur le traumatisme d’anciens prisonniers palestiniens.
Présenté en avant-première au festival du film de Berlin, "Istiyad Ashbah" ("Ghost Hunting"), second long-métrage du cinéaste palestinien Raed Andoni, reconstitue dans un hangar de Ramallah un centre d’interrogatoire israélien.
A travers des jeux de rôle, d’anciens détenus vont revivre leur détention y compris les mauvais traitements.
"Je travaille avec des personnes qui vivent dans un lieu vraiment très sombre et que vous honorez grâce à toute cette lumière", a déclaré le cinéaste en recevant son prix.
L’un des participants au film de Raed Andoni a été de nouveau emprisonné par les autorités israéliennes après le tournage, a confié le réalisateur palestinien à l’AFP pendant le festival.
Un autre, trop bouleversé par cette expérience de reconstitution qui pousse le réalisme jusqu’au choix de la couleur du carrelage ou l’installation d’une poulie pour suspendre les participants dans la salle d’interrogatoire, avait préféré abandonner le tournage.
"J’ai utilisé tous les dispositifs que j’ai trouvé pour les aider à creuser dans leur subconscient, pour retirer couche après couche les filtres du refoulement et je leur ai dit que si c’était trop dur ils étaient libres de partir (...) J’ai aussi fait venir des psychologues sur le plateau pour encadrer ce projet", a-t-il expliqué après la première de son film à la Berlinale.
Le réalisateur de 45 ans a lui-même été incarcéré dans une célèbre prison israélienne souterraine située à Jérusalem, appelé par les palestiniens "Al Moskobyia".
Sous le régime de la "détention administrative" des milliers Palestiniens qu’Israël considèrent comme dangereux pour la sécurité de l’Etat hébreu sont incarcérés.
Certains disent avoir été victimes de torture, ce qu’Israël nie.
Le festival du film de Berlin avait décidé cette année d’ajouter à son palmarès un Prix du meilleur documentaire, insistant sur l’importance de ce genre cinématographique dans un contexte politique mondial bouleversé.

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