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« OMAR » film de Hany Abu-Assad

Publié le samedi 8 avril 2017, Thèmes : - Films

"OMAR" a été nominé pour les Oscars 2014 dans la catégorie "meilleur film étranger"

"OMAR" a eu le premier prix au festival de cannes 2013 dans la catégorie "un certain regard".

Et d’autres récompenses ...

A l’image de cette course poursuite dans les rues défoncées de Gaza, est un film qui tient le spectateur en haleine. C’est l’histoire de trois copains palestiniens qui décident de créer leur propre cellule de résistance.

Très vite, leur engagement tourne mal : ils tuent un soldat israélien. L’un d’eux est arrêté, l’un d’eux est un traitre. Omar, lui, est innocent mais soupçonné par les siens et manipulé par les Israéliens. “Omar” est un film d’action trépidant, mais pas seulement.

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Adam Bakri, l’acteur principal, explique : “ C’est une histoire universelle. Cela se passe dans la bande de Gaza, mais le film ne dit même pas que c’est à Gaza que l’action se passe. Donc, tout le monde peut s’identifier, tout le monde peut se laisser entraîner dans l’histoire. Je pense qu’il y a un message politique fort dans ce film, mais il est sous-jacent. Il n’est pas brandi comme un étendard, c’est tout le génie de ce film.”

Pour le réalisateur, Hany Abu-Assad, “Omar” est avant tout une belle histoire d’amour.

“ Je ne connais personne dans ce monde qui n’ait jamais été follement amoureux d’une autre personne. J’ai éprouvé ce sentiment, dit Hany Abu-Assad. Et je suis toujours fasciné par la façon dont les gens se perdent eux-mêmes et dont ils deviennent vulnérables. L’insécurité actuelle, c’est la raison pour laquelle les gens tombent amoureux et aussi la raison pour laquelle les histoires d’amour se terminent si mal.”

En 2006, Hany Abu-Assad avait signé “Paradise Now”, un film choc mettant en scène des kamikazes. Avec “Omar”, il est particulièrement fier d’avoir réalisé le premier film financé à 100% par des Palestiniens.
“Omar”, longuement applaudi par les festivaliers à l’issue de la projection cannoise, sortira sur les écrans français le 9 octobre.

Le film, a été tourné en Cisjordanie et à Nazareth en 2013.


Hany Abu-Assad est devenu en quelques années l’un des plus importants réalisateurs palestinien. Né à Nazareth et installé aux Pays-Bas, il a toujours cherché à comprendre la complexe histoire de son pays. Révélé par la semaine de la critique en 2002 pour "Le mariage de Rana" et Golden Globes du meilleur film étranger pour "Paradise Now" en 2006, il revient sur la croisette avec "Omar".


Huit ans après Paradise Now, primé au Golden globe 2006 (meilleur film étranger), le cinéaste palestinien Hany Abu Assad nous offre, avec Omar (prix du Jury d’Un Certain Regard au festival de Cannes en 2013) un nouveau portrait de la résistance palestinienne, et de sa fragilité. Sortie en salles le 16 octobre. Entretien avec Hany Abu Assad.

Regards.fr : Dans votre dernier long-métrage Omar vous abordez un sujet tabou dans la culture palestinienne : la collaboration. Comment avez-vous eu les informations nécessaires à l’écriture de votre scénario ?

Hany Abu-Assad. Les histoires sur ce sujet ne manquent pas en Palestine. L’une d’elle est personnelle. Lorsque je tournais Paradise Now à Naplouse, l’armée d’occupation arrivait systématiquement sur les différents lieux de tournage. Cela a pris une telle proportion que mon équipe et moi-même commencions à croire qu’il y avait un collaborateur parmi nous, donnant ces informations aux Israéliens. Nous sommes devenus vraiment paranoïaques. Je me suis ensuite inspiré d’histoires lues ou entendues. La scène finale par exemple est tirée d’une histoire vraie. Je voulais comprendre comment des innocents peuvent devenir si coupables. Ce qui m’intéressait également c’était d’étudier comment l’être humain, lorsqu’il perd confiance, gère sa paranoïa. La meilleure manière de rendre cette suspicion compréhensible, c’était de raconter une histoire d’amour.

Le film vient d’être présenté en Palestine. Quels retours avez-vous eus du public palestinien ?

Ils sont majoritairement bons. Les gens trouvent le film fidèle à la réalité et il leur a donné de l’espoir. Le cinéma peut avoir beaucoup d’influence, souvent plus négative que positive. Les films hollywoodiens par exemple entretiennent le mythe du « rêve américain », et donc laisse à penser que le système capitaliste reste le modèle à suivre. Le cinéma alternatif, celui qui essaie d’ouvrir les esprits et les yeux du public a moins de portée, car il n’atteint que rarement une audience massive. Il est pourtant celui qui sème les graines du changement. Dans le cas d’Omar, mieux comprendre la collaboration ne rend pas celle-ci plus acceptable. Mais une meilleure compréhension permet de la combattre de manière plus efficace. J’espère avoir contribué à cela.


Omar et Paradise Now ont en commun de dresser le portrait de jeunes hommes impliqués dans la lutte armée. Sur le terrain, pourtant, ces actions sont rares.

La majorité des Palestiniens ont une conception non violente de la résistance, c’est vrai, surtout si on compare cela avec la violence qu’ils subissent au quotidien. Pour la plupart, résister consiste à survivre et à rester sur leurs terres. Dans mes films je m’intéresse à des personnes d’exception évoluant dans une situation anormale. Ceux qui s’engagent dans la lutte armée sont très vulnérables. Rien ne les protège, alors que les actions de ce type contre des militaires d’occupation sont légales au regard du droit international. Cependant, l’occupation de la Palestine n’étant pas classique, puisque elle nie la légitimité des Palestiniens à vivre sur leurs terres, il y aura toujours ponctuellement des insurrections populaires (« intifada »).

À ma connaissance, vous êtes un des rares réalisateurs palestiniens de 1948 à situer vos films en Cisjordanie. Est-ce un choix ?

L’occupation y est plus évidente à visualiser. À Nazareth ou Haïfa, nous vivons également sous occupation, dans la mesure où nous n’avons pas les mêmes droits que les autres citoyens. Mais cela n’est pas visible de prime abord. Cela dit, le film ne précise pas où se situe l’action. Nous avons tourné à Nazareth, Jérusalem, Naplouse et dans le camp de réfugiés d’Al Farah. Je voulais créer une Palestine fictive permettant de donner corps à une réalité : le mur ne sépare pas Israël de la Cisjordanie, il sépare les Palestiniens entre eux.

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regard.fr le 1.10.2013


* Nom du film : OMAR
* Réalisateur-trice : Hany Abu-Assad
* Acteurs-trice : Adam Bakri, Waleed Zuaiter, Leem Lubany
* Date de sortie : 16 octobre 2013
* Durée : 1h37
* Fiction / Documentaire : Drame
* Nationalité : Palestinien
* Distributeur : Pretty Pictures http://prettypictures.fr/contacts/
* Récompenses : 1 prix et 7 nominations
* Langues : Arabe
* Sous-titre : français
* Format : DCP, Dolby-Digital, DVD, Blu-Ray
* Couleur : oui
* N° de Visa CNC : 137246



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