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EXPOSITION « GAZA, l’enfance blessée » Photographies de Mohammed ZAANOUN Mairie de Lyon 1er

Publié le jeudi 22 février 2024

GAZA, l’enfance blessée
Photographies de Mohammed ZAANOUN
à la Mairie du 1er arrondissement de LYON
1 place Sathonay
du mardi 2 avril au Mercredi 10 avril de 14h00 à 18h et samedi de 10h à 12h

Vernissage mardi 2 avril à 17h en présence en présence de Monsieur Anwar Abu Eisheh ancien ministre de la Culture de Palestine.
A partir de 18h nous serons en Visioconférence avec Mohammed Zaanoun,

Extraits du livret accompagnant l’exposition « Gaza, l’enfance blessée »

MOHAMMED ZAANOUN, photojournaliste
Mohammed Zaanoun, photojournaliste indépendant de 37 ans, est lauréat de plusieurs prix arabes et internationaux pour ses photographies de grand reporter.
Il a été grièvement blessé lors de la couverture de l’invasion israélienne de 2006, dans le quartier d’Al-Shujaiyya, qui lui a fait perdre certaines parties de son visage en plus de plusieurs blessures sur tout son corps.
Après avoir guéri, il reprend le travail et couvre, l’ensemble des événements de la bande de Gaza photographiant les bombardements, les destructions, les manifestations tel que « les marches du retour » et principalement les enfants blessés.
Il travaille aujourd’hui pour plusieurs médias dont le journal « Le Monde », le « New York time » et pour des Organisations Non Gouvernementales. Il fait partie du collectif Active Stills Dès le déclenchement du siège total de la Bande de Gaza le 7 octobre 2023, Mohammed Zaanoun photographie la dévastation de Gaza sous les bombes israéliennes et ses photos sont dramatiques. Elles témoignent de la
terreur des civils pris pour cibles par les bombardements israéliens.
Une bombe a détruit sa maison et l’a forcé à se diriger vers le sud de la bande de Gaza. Une partie de ses photographies a peut-être disparu.
Mohammed est sorti il y a peu de l enfer de Gaza,aAujourd’hui il vit en exil en Égypte où il a pu se réfugier avec avec ses enfants et son épouse - il tente de faire sortir sa mère et de la famille.

soutien à MOHAMMED ZAANOUN

Le collectif Activestills}} créé en 2005 a pour objectif de documenter la résistance populaire palestinienne luttant contre l’occupation et la colonisation du régime colonial israélien.
Nous utilisons la photographie pour exposer les injustices, et nous organisons notamment les expositions de rue pour toucher directement le public sans le prisme des médias traditionnels. Ces médias ne sont pas des agents de changements émancipateurs, ils défendent surtout des intérêts capitalistes et renforcent les
systèmes de domination, au détriment des groupes opprimés.
En tant que photographe internationale, j’ai réussi à rentrer dans la bande de Gaza en 2010, et j’y ai fait depuis de nombreux séjours, notamment lors des bombardements israéliens de 2014. Activestills considère
important de photographier Gaza, malgré les énormes difficultés.
Cet en 2018 que nous avons commencé à collaborer avec Mohammed Zaanoun. Notre rôle a été de le soutenir et de faire en sorte que ses photographies soient exposées, publiées, partagées : la « Marche du retour » de
2018 ; les manifestations vers la barrière de sécurité ; les enfants qui aspirent à un peu de liberté sur les plages ; les familles luttant contre la pauvreté. La vie quotidienne à Gaza sous un blocus inhumain qui dure
depuis 2007 est montrée au travers de l’objectif de son appareil photo.
J’ai rencontré Mohammed pour la première fois en Mai 2023 après 5 jours de bombardements. Ensemble nous avons visité des familles qui avaient perdu leurs maisons pulvérisées par les bombes israéliennes, et nous avons parlé de cette Nakba continue.
Je n’ai pas pu y retourner depuis le 7 octobre. C’est une grave violation de la liberté de la presse d’empêcher les journalistes internationaux de s’y rendre, laissant nos collègues palestinien.nes seul.es pour documenter le génocide de leur peuple, au péril de leur vie.
Au 13 février 2024, c’est 124 journalistes et personnels des médias qui ont été tués à Gaza par les forces israéliennes depuis le 7 octobre. Il s’agit de la période la plus meurtrière pour des journalistes dans un conflit de l’histoire moderne.
Nous avons monté en France le collectif « Reporters Solidaires » pour dénoncer le ciblage sans précédent de nos collègues et pour leur montrer notre solidarité. Nous dénonçons aussi le relais de la propagande israélienne
dans beaucoup de médias français qui contribuent à la déshumanisation des Palestinien.nes.
Depuis le 7 octobre comme la plupart des journalistes à Gaza, Mohammed Zaanoun s’est déplacé avec sa famille à Rafah. Il a ensuite perdu sa maison, mais a pu sauver ses archives. Il a continué à travailler malgré
tout, et à nous envoyer des images qui ont été montrées dans plusieurs pays.
Mohammed est tombé malade. Il a dû dormir dans sa voiture, sa veste de presse étant devenue la promesse d’une mort annoncée car plus personne ne voulait abriter un journaliste. Il a continué... jusqu’à ce qu’il n’en
puisse plus de voir ses enfants souffrir, jusqu’à qu’il soit directement menacé par les forces israéliennes.Aujourd’hui c’est un soulagement de savoir que Mohammed, son épouse et ses enfants ont pu enfin sortir de la bande de Gaza. Tous les jours nous nous demandions s’il allait être le prochain sur la liste des journalistes
tué.es.
Même s’il a la vie sauve, il faut cependant poser la question : quel est le prix à payer pour Mohammed de laisser sa patrie, une partie de sa famille, et d’emporter avec lui des traumatismes qui vont le poursuivre toute sa vie ?
Nous demandons à chaque personne touchée par ses photos d’agir. Les photos ne sont pas une invitation à se sentir désolé.e ou accablé.e, elles doivent être vues comme une incitation à agir pour que cesse le génocide, et qu’enfin les droits fondamentaux du peuple palestinien soient respectés.
Pour reprendre les mots du journaliste Motaz Azaiza, qui a touché des millions de personnes sur les réseauxsociaux, mais qui a dû aussi lui aussi fuir Gaza :
« Ne vous appelez pas une personne libre si vous ne pouvez pas changer quelque chose ! Ne vous appelez pas une personne libre si vous ne pouvez pas arrêter un génocide en cours. »
Anne Paq, 13 février 2024 / Activestills.org
Livret accompagnant l’exposition « Gaza, l’enfance blessée »
En partenariat avec la société de production Choisy Films