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Un pianiste palestinien ayant fui la Syrie reçoit le « Prix Beethoven » en Allemagne

Publié le samedi 13 août 2016

Vous avez vu (ou vous verrez) ce pianiste dans le film « Lettres de Yarmouk » de Rachid Masharawi, ci-dessous l’article reproduit de i-télé

Un pianiste palestinien réfugié a reçu vendredi soir le « Prix Beethoven » lors d’un concert caritatif à Bonn en Allemagne. Des vidéos de lui, jouant du piano au milieu des ruines du camp de Yarmouk en Syrie, l’avaient fait connaitre dans le monde entier.

Ayham Ahmad a reçu vendredi soir le « prix Beethoven pour les droits de l’homme, la paix, l’intégration et la lutte contre la pauvreté », comme le rapporte le site de la Deutsche Welle. La cérémonie de remise des prix s’est déroulée dans la ville allemande de Bonn au cours d’un concert à but caritatif.
Le pianiste de Yarmouk

Le jeune homme, un réfugié palestinien âgé de 27 ans, avait acquis une certaine notoriété après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos dans lesquelles on le voit jouer du piano au beau milieu du camp palestinien de Yarmouk, ravagé par la guerre. Le lieu se situe dans la banlieue de Damas, la capitale syrienne. Dans certaines vidéos, le pianiste est rejoint par d’autres habitants, qui chantent à ses côtés.

Ayham Ahmad a étudié la musique à Homs et à Damas. Mais son piano a été brûlé par des combattants du groupe Etat islamique lorsqu’ils ont temporairement envahi et pris le contrôle d’une grande partie du camp de Yarmouk en avril dernier. Aujourd’hui, c’est le Front al-Nosra (branche syrienne d’al-Qaïda) qui contrôle plusieurs parties du camp.

Le camp de Yarmouk s’est progressivement vidé de ses habitants. La guerre, la faim puis l’arrivée de l’EI ont poussé des milliers de personnes à fuir. Autrefois la population s’élevait à 150.000 personnes, on l’estime désormais à environ 16.000.

Ayham Ahmad a résisté longtemps avant de rejoindre, lui aussi, le flot des réfugiés. Il en expliquait la raison en septembre dernier à Al Jazeera :

Ma maison a été incendiée, j’ai donc dû fuir avec ma famille. Le camp (de Yarmouk) n’est plus désormais un endroit où l’on peut jouer de la musique. J’espère pouvoir aller dans un meilleur endroit où, un jour, je pourrais jouer de la musique, à nouveau

Un long voyage l’a conduit de la Syrie à la Turquie, puis de l’île grecque de Lesbos à l’Allemagne. Il réside désormais dans la commune allemande de Giessen et espère pouvoir faire venir sa famille à ses côtés. Il a rédigé un journal de bord au cours de son périple, publié par plusieurs médias.
L’espoir et le courage récompensés

Le « prix Beethoven » a été remis vendredi soir à Ayham Ahmad en présence du secrétaire d’Etat allemand Friedrich Kitschelt qui s’est adressé en ces termes au pianiste palestinien :

Avec votre musique, vous avez donné à ceux qui étaient à vos côtés un moment d’humanité et de dignité, et ainsi quelque chose d’infiniment précieux : l’espoir. L’espoir que la souffrance et la destruction causés par l’homme peuvent être surmontées par des personnes comme vous.

Nous vous honorons pour votre courage de faire de la musique dans un environnement où les performances artistiques sont interdites et peuvent parfois entraîner des punitions draconiennes.

Ayham Ahmad a notamment joué les « chansons de Yarmouk » lors du concert et a été accompagné par d’autres musiciens syriens. Les bénéfices seront reversés à une association de la ville de Bonn qui a pour objectif de fournir une éducation de qualité aux jeunes réfugiés.