Accueil > Informations > « ONE MORE JUMP » un film de Emanuele Gerosa

« ONE MORE JUMP » un film de Emanuele Gerosa

Publié le dimanche 12 septembre 2021

Si le parkour est l’art de franchir tous les obstacles sur son chemin, dans la Bande de Gaza, il y a un élément supplémentaire : une pure question de survie. Dans ce lieu où les murs et barrières sont partout, ce sport
acrobatique est une des rares manières qu’on peut trouver de se sentir libre, de sauter, de voltiger dans les airs, de prendre des risques. C’est parmi de jeunes Palestiniens pratiquant cette discipline (née dans les rues de la
banlieue parisienne dans les années 1990) que nous amène Emanuele Gerosa. Il s’agit d’un travail particulièrement significatif, évocateur et jamais rhétorique, qui témoigne de beaucoup de respect et de sensibilité
par rapport à la condition de ces jeunes.
Le film suit les destins opposés et parallèles de deux amis, Jehad et Abdallah. Le premier est à Gaza, où il s’occupe de son père malade et rêve de fuir en Europe, et le second est parvenu à fuir la Bande pour aller vivre en Italie, mais il rêve de revenir un jour chez lui. Abdallah a été le fondateur de l’équipe du Gaza Parkour. Jehad a repris le flambeau quand son ami est parti. Il ne lui a jamais pardonné cette fuite (« nous devions partir ensemble »). Depuis, ils ne se parlent plus. Jehad continue d’entraîner des enfants et adolescents au parkour, sous l’œil des drones
Israéliens (« Vous aussi, à votre tour, vous devez l’enseigner à ceux qui viendront après vous ») tandis qu’Abdallah, qui veut faire les choses sérieusement et devenir athlète professionnel, décide de participer à un concours
international de parkour en Suède.Jehad court et saute avec son équipe parmi les décombres et les squelettes d’immeubles bombardés à Khan Yunis.
Abdallah s’entraîne dans les passages souterrains de la gare de Florence ou sur les rives de l’Arno. La caméra les suit de près, dans un festival d’acrobaties à couper le souffle, et l’effet est spectaculaire. Mais ce sont les visages
marqués par la souffrance des deux héros qui sont le vrai cœur de ce documentaire. Sur l’un, on lit le manque de perspectives, le sentiment d’être emprisonné, le désir de connaître le monde ; sur l’autre, les difficultés d’intégration,la nostalgie de son pays et la conscience de ne pouvoir jamais y retourner. Jehad et Abdallah incarnent les contradictions d’une génération de Palestiniens condamnés à vivre dans une prison à ciel ouvert et à se sentir étrangers ou qu’ils soient, même chez eux. Le désespoir est écrit sur leur visage. Et la sensation d’exil qu’on lit dans
les yeux d’Abdallah quand il se retrouve, lui qui est habitué à faire des cabrioles parmi les ruines et les colonnes de fumée, devant les obstacles en aggloméré de la compétition suédoise, parmi une assemblée de jeunes joyeux et beaux, est une représentation condensée de tout le film. Vittoria Scarpa pour Cineuropa ÉQUIPE

extrait du dossier de presse :

Scénario & Réalisation : Emanuele Gerosa
Casting : Gaza Parcour Team
Production : Enrica Capra
Photographie : Matteo Delbò
Musique : Zeno Gabaglio
Prise de son : Adriano Alampi, Mohammed Abu Safia
Montage : Nicolò Tettamanti
Design sonore & mix : Tommaso Barbaro, Massimo Mariani
Étalonnage : Roberto Allegro
Pays de production : Italie (GraffitiDoc & Rai Cinema)
Suisse (Amka Films)
Liban (ITAR Productions)
Lieux de tournage : Palestine, Italie, Suisse
Langue originale : Multilingue // Arabe, Anglais, Italien
NATIONALITÉS

la critique d’OrientXXI : https://orientxxi.info/a-gaza-des-reves-plus-haut-que-les-murs,5019