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« Inch’Allah peut-être » Web-série de Sophie Vernet

Publié le jeudi 5 décembre 2019

L e Prix du MEILLEUR WEB DOCUMENTAIRE a été attribué à la série « Inch’Allah Peut-être » réalisée par Sophie Vernet et coproduite par Ge d eon Programmes et France TV Slash au Festival des Créations Télévisuelles de Luchon 2020

synopsis
Partir ou rester ? Diaa, Farah, Hamza, Asmahan, Dana et Lourd, doivent décider. Palestiniens, ils se sont rencontrés en licence de français à l’université de Ramallah et forment un groupe soudé. Qu’ils soient féministes, conservateurs, timides ou exubérants, ils s’apprêtent à prendre des chemins différents. Certains vont partir étudier en France, d’autres vont rester en Palestine.
Grâce à leurs smartphones, ils vont partager rires et galères du jour en effaçant les frontières qui les séparent. Entre la remise des diplômes, les soirées à l’abri des regards et les premiers boulots, ils se racontent avec autodérision et sans tabou pour dévoiler une Palestine intime, loin des idées reçues.
De la Palestine à la France, la série Inch’allah peut-être les suit au quotidien. Elle raconte leurs questionnements, ceux d’une jeunesse finalement comme les autres.


production : Gédéon Programmes on peut visionner les 9 épisodes sur France TV Slash :


Page Facebook de la série


critique :
la web-série illustre bien le dilemme d’une partie des jeunes Palestiniens entre partir et rester (ou revenir). Entre la « modernité » et la « tradition ». Il s’agit principalement des classes moyennes, étudiants en licence de français, ce qui peut être trompeur sur le reste de la société. Ces séries évoquent explicitement l’occupation, la colonisation, le vol des terres, le Mur, Gaza, la Palestine historique et même le boycott ...

- On retrouve les mêmes jeunes d’un épisode à l’autre, une bande de copains qui ont fait leurs études ensemble et qui se retrouvent quelque temps après. Certains sont partis à l’étranger (la plupart ont eu une expérience de vie en France, en général comme assistants d’arabe), d’autres sont restés en Palestine.

Les épisodes durent une dizaine de minutes. Ils se déroulent sur un rythme alerte, qui évite tout ennui. Les dialogues sont sympas et naturels.

Les jeunes sont originaires de Ramallah, Hébron, Tulkarem, Bethléem... Certains sont musulmans, d’autres chrétiens. La situation des territoires sous occupation est constamment présente, que ce soit dans les dialogues, ou de manière explicite dans les images : l’enfer des check-points (l’assassinat d’un Palestinien qui vient d’avoir lieu à un point de passage est même évoqué), le mur de séparation, le permis de travail pour aller bosser en Israël (et l’impossibilité de s’y rendre pour les hommes de moins de 50 ans), les difficultés de déplacement, le chômage des jeunes....

A mon avis, cette série présente intelligemment les aspirations et les doutes d’une certaine partie de la jeunesse palestinienne : celle des villes, de milieu économiquement aisé, éduquée, parlant français, buvant de la tequila et fumant le narguilé, hyper connectée. C’est aussi les limites de l’exercice, qui ignore la jeunesse rurale, plus défavorisée et qui n’a pas les moyens de ses rêves, pas d’« ailleurs » accessible...

La problématique d’une partie de la jeunesse qui nous est présentée, c’est de choisir entre partir vers la « liberté » (perspective attirante mais aussi culpabilisante) ou construire sa vie d’adulte dans une Palestine à l’avenir incertain, entre suivre son rêve d’émancipation ou continuer à subir le poids de contraintes familiales et sociales...

Le portrait des jeunes filles est assez ambigüe, entre émancipation et aspiration à des rôles féminins traditionnels (mariage, maternité...).
- Des militant.e.s AFPS 63 -