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Rencontres d’Arles : De Gaza à l’Amérique, la Palestine intime de Taysir Batniji - Exposition - été 2018

Publié le mercredi 18 juillet 2018, Thèmes : - Culture

Rencontres d’Arles : "Gaza to America, Home Away From Home", Exposition de Taysir Batniji

L’exposition a lieu, près du Rhône, dans le décor très beau et dépouillé de la chapelle Saint-Martin-du-Méjan. Sur un mur immense, l’arbre généalogique de la famille Batniji qui est originaire de Gaza s’étale. Quelques noms sont ornés d’une petite photo carrée.
L’artiste est allé à la rencontre de cousins qui se sont établis aux États-Unis. Que reste-t-il de la Palestine, que reste-t-il de Gaza dans leurs souvenirs, leurs préoccupations, leurs habitudes ? La famille Batniji est-elle toujours vivante malgré le temps, la distance ? Les photos, dessins et vidéos de l’artiste cherchent les réponses à ses questions.


Aux Rencontres d’Arles, Taysir Batniji, artiste palestinien basé en France, expose un album souvenir de famille, qui puise dans son enfance à Gaza, mais aussi dans le récit de cousins éloignés. Pour ce projet, il est parti aux États-Unis à la rencontre de cousins immigrés dans les années 1960.

C’est l’une des expositions les plus passionnantes de ces Rencontres d’Arles. Dans la chapelle Saint-Martin-du-Méjan, « Gaza to America, Home Away From Home » explore une histoire palestinienne, celle de Taysir Batniji. Il y raconte l’itinérance et la permanence. En 2017, dans le cadre du programme Immersion de la Fondation d’entreprise Hermès avec l’Aperture Foundation, l’artiste palestinien est parti aux États-Unis à la rencontre de cousins immigrés dans les années 1960.

L’exposition s’ouvre avec un film émouvant : un gros plan sur les mains de Khadra qui relate, au fil des photos de famille qu’elle égrène, son parcours de Gaza en Californie. À la question : « Te sens-tu chez toi en Amérique ? », elle répond : « Ma patrie d’origine, c’est la Palestine, mais ici c’est un deuxième "chez soi". Oui, c’est comme à la maison. » Et c’est ce qu’il montre : aux portraits succèdent des scènes de la vie quotidienne, le travail et les intérieurs, les enfants et les adultes. Il les entrelace de ses réflexions d’artiste, sur la permanence des liens avec la Palestine et sa culture, dans la nourriture gazaouie, la pratique de la religion ou les réflexions d’une adolescente sur son identité métisse. Ces différentes visites convoquent les fantômes des membres disparus de la famille, son père, une tante, un oncle… « Tout cela donnait un sentiment de déjà vu, une forme de liens familiaux qui s’étendaient à travers l’espace et le temps : mes cousins sont devenus des "étrangers familiers". »

Pour se préparer à renouer avec cette partie de sa famille qu’il n’avait pas revue depuis son enfance à Gaza, il a dessiné « des sortes de photos souvenirs », de mémoire. Ce mélange de photos, de textes, de dessins et de vidéos compose le récit captivant et familier d’une identité assumée et recomposée.

Le deuxième espace de l’exposition est consacré à Gaza et à la représentation qui en est faite, dans le travail que mène Taysir Batniji sur l’image : il s’intéresse aux architectures militaires et aux portraits de figures paternelles disparues qui subsistent dans les cafés, les boutiques ou les usines, à la vie qui continue et aux points de passage des frontières…

Taysir Batniji, Gaza to America, Home Away from Home, jusqu’au 23 septembre, Rencontres d’Arles.

- Cet article d’Anne-Claire Meffre du 16 juillet 2018 est tiré du Figaro Madame

- La photo a été tirée du site : www.mowwgli.com


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Descriptif de l’exposition

Taysir Batniji
Gaza to America, home away from home

Chapelle Saint-Martin-du-Méjan Chapelle Saint-Martin-du-Méjan

2 juillet - 23 septembre

10H00 - 19H30

10 euros

Billetterie forfaits

Dans le travail de Taysir Batniji, artiste palestinien né à Gaza peu avant la guerre de 1967 et l’occupation israélienne, l’impermanence et l’itinérance, contraintes ou choisies, vécues seul ou à plusieurs, sont un prérequis à la liberté. Au confort et à l’immuabilité du home (sweet home), Taysir Batniji, s’attachant à élaborer une œuvre en perpétuel devenir, oppose le mobil-home. Ainsi le projet central de l’exposition proposée à Arles, "Home Away From Home", a été réalisé en 2017 dans le cadre de Immersion, une commande photographique franco-américaine, programme de soutien à la photographie contemporaine créé par la Fondation d’entreprise Hermès en alliance avec l’Aperture Foundation. L’artiste a choisi de vivre au plus près de ses cousins palestiniens immigrés aux États-Unis afin de saisir la discontinuité temporelle et spatiale, les points de rupture mais aussi de fusion entre une identité acquise, dont on se dépossède tout en s’y attachant, et une identité recomposée. Ce projet américain sera présenté parallèlement à une rétrospective sélective d’œuvres photographiques et de vidéos produites entre 1999 et 2010.
Sophie Jaulmes

taysirbatniji.com

Commissaire de l’exposition : Sam Stourdzé.
Publication : Home Away from Home, Aperture et Fondation d’entreprise Hermès, 2018.
Tirages et encadrements réalisés par Après Midi Lab, Paris.

La série Home Away from Home a été réalisée dans le cadre du programme Immersion, une commande photographique franco-américaine, de la Fondation d’entreprise Hermès avec la complicité d’Aperture Foundation.

Retrouvez prochainement cette exposition en « visite immersive 3D » réalisée par Notoryou.

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