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« WARDI » (La Tour)Long métrage d’animation du réalisateur Mats Grorud

Publié le mercredi 27 février 2019

Ce film est présenté à Annecy au 42e Festival d’animation d’Annecy (à partir du 11 juin 2018).
Hors compétition, « The Tower » du Norvégien Mats Grorud évoquera 70 ans de conflit israélo-palestinien à travers l’histoire d’une fillette vivant dans un camp de réfugiés

La Tour Long métrage animation

Auteur-Réalisateur : Mats Grorud

Résumé :
Comment comprend-t-on le monde qui nous entoure, quand on est une jeune palestinienne qui vit dans un camp ? WARDI a 11 ans et vit dans un camp de réfugiés palestiniens à Beyrouth. En 1948, son arrière grand-père SIDI s’est installé dans un camp après avoir été expulsé de son village.

Presque 70 ans plus tard, cette situation censée être provisoire perdure encore. Le jour où Sidi donne à Wardi la clé de sa vieille maison en Galilée, elle s’attriste à l’idée qu’il ait perdu l’espoir d’y retourner un jour. En partant à la quête de l’espoir perdu de Sidi à l’intérieur du camp, elle collectera les témoignages de sa famille, d’une génération à l’autre.

Les réfugiés vivent dans des constructions rudimentaires qui, faute de place, se sont étendues vers le ciel plutôt que vers l’horizon. Wardi gravit la Tour de sa famille, à la conquête de son histoire. Elle se lance ainsi dans une épopée transgénérationnelle au coeur des récits de ses proches. Ils lui racontent comment, à échelle humaine, ils ont pu être affectés par le conflit. En découvrant son passé, à travers les yeux de ses ainés, Wardi sera plus à même de comprendre son présent et de se projeter dans l’avenir.

La Tour
Long métrage animation
Auteur-Réalisateur : Mats Grorud
Norvège, Suède, France
Année de production : 2017
Durée : 1 h 20 min
Sortie en France : 2018
Directeur Artistique : Rui Tenreiro
Coproduction :
Tenk TV (Norvège) https://www.tenk.tv/
Cinenic (Suède) http://cinenicfilm.se/
Les Contes Modernes (France) http://www.lescontesmodernes.fr/
Auvergne Rhône-Alpes cinéma
Soutiens : EURIMAGES, CNC, REGION GRAND EST, STRASBOURG EUROMÉTROPÔLE, SACEM, NFI, SFI, CREATIVE EUROPE, VIKEN FILMSENTER, FRITT ORD, FOND FOR LYD OG BILDE
Diffuseurs : NRK, SVT
Distributeur et Vendeur International : jour2fête
CNC / 144721

Les Contes Modernes
Pole Image la Cartoucherie
Beaumont-les-Valence (26)
http://www.lescontesmodernes.fr/la-tour/

Réalisation technique :
Studios Foliascope
Pole Image la Cartoucherie
Beaumont-les-Valence (26)

Distribution :
Jour2Fête
9 rue Ambroise Thomas
75009 PARIS
https://www.jour2fete.com/
Tél +33 1 40 22 92 15
contact@jour2fete.com

Voir aussi :
http://culturebox.francetvinfo.fr/cinema/the-tower-70-ans-de-conflit-israelo-palestinien-dans-un-film-d-animation-259737


interview de Mats Grorub :

sur cineeuropa

Cineuropa : D’où est venue l’idée de situer l’intrigue de votre film dans le camp de réfugiés palestiniens de Bourj el Barajneh, à Beyrouth, au Liban ?
Mats Grorud : Quand j’étais enfant, ma mère travaillait au Liban, pendant la guerre, comme infirmière. Quand elle rentrait tous les trois mois, elle me racontait et me montrait des photos des camps. Puis, en 1989, alors que j’avais 12 ans, nous sommes partis vivre au Caire où elle travaillait à l’hôpital palestinien et nous en avons profité pour aller à Jérusalem et à Gaza à l’époque assez spéciale de la première Intifada. A la fin des années 90, je suis allé pour la première fois au Liban, puis j’ai vécu à Beyrouth pendant un an en 2001 en travaillant pour une ONG dans le camp de Bourj el Barajneh. J’ai été impliqué dans le moyen métrage documentaire Out of Place, Out of Time, réalisé sur placepar un Australien. C’étaient des interviews classiques et j’avais envie, avec ma formation dans l’animation, de faire quelque chose de différent, qui ne soit ne pas juste un énième documentaire sur les réfugiés palestiniens des camps, mais un film qui essaye à la fois de toucher un nouveau public et de toucher le public d’une nouvelle manière.

omment s’est déroulé le processus d’écriture ?
Cela a été assez long. J’ai écrit le scénario, puis Trygve Allister Diesen et Ståle Stein Berg qui sont plus expérimentés sont venus m’épauler. J’ai également beaucoup travaillé avec les storyboarders, mais aussi avec des amis palestiniens vivant en Suède, en Norvège, au Liban car n’étant pas Palestinien moi-même et ayant beaucoup de respect pour le sujet, je devais m’assurer de la véracité totale des situations, des ambiances, des dialogues, etc. Mon idée initiale, c’était trois personnages bloqués sur un toit et représentant trois générations : l’arrière-grand-père Sidi qui a fui la Palestine et qui appartient à la génération maintenant en train de disparaitre, Wardi l’arrière-petite fille, et le garçon aux pigeons entre les deux. C’était axé sur les différences entre générations, les différences d’expériences, le lien avec le passé et comment les événements de 1948 colorent leurs vies, comment ils vivent aujourd’hui, comment ils ont vécu et ce qu’ils pensent de l’avenir. Ensuite, cette idée s’est élargie car je voulais montrer davantage de contrastes, de plus grandes tranches de vie et pas seulement ces trois personnages, mais aussi de plus grandes portions du camp.

tions du camp.

Comment avez-vous réussi à intégrer beaucoup d’aspects dramatiques (l’exil, la pauvreté, la lutte, etc.) sans que le film ne sombre justement dans le drame ?
Cela reflète la vie du camp où l’on ne se rend pas compte au premier abord de tout ce que ces gens ont vécu ou savent. Les familles essayent de vivre dignement et ne racontent pas ces aspects dramatiques de leurs vies. Mais vous pouvez avoir un petit frère qui a été tué, ou une partie de votre famille en exil en Australie, ou un grand-père qui meurt parce qu’il n’a pas d’argent pour des médicaments. Il y a beaucoup de non-dit qu’on doit découvrir petit à petit. C’est de cette manière que j’ai écrit le film, mais tout ce qui vient du passé est là et peut vous frapper soudainement. Le film est un miroir de la vie du camp. Parfois, il y a la guerre, mais quand j’y étais par exemple, ce n’était pas le cas. D’une certaine manière, c’est le camp à travers mes yeux.

Pourquoi avoir choisi de créer une animation mêlant marionnettes et 2D ?

Je l’avais déjà fait pour mes courts métrages et cela fonctionnait. Dès le départ, avec tous les flashbacks, les nombreux personnages, les différents points de vue de Beyrouth, etc., il était évident qu’il faudrait du dessin. Ensuite, avec Rui Tenreiro, nous avons développé le style visuel du film. Et le studio français Foliascope, à Valence, a fait un travail formidable. L’animation en elle-même a été menée à bien assez rapidement, en huit mois, alors que le développement et le financement avaient pris six à sept ans.

Est-ce que La Tour est un film politique ?
C’est un film sur des êtres humains et sur les relations humaines. Ce qui touche à Israël n’est pas au cœur du film qui raconte ce qui est arrivé à ces Palestiniens et leur vie ensuite. J’ai vécu un an dans ce camp et j’ai fait ce film comme un grand remerciement à ceux que j’ai connus là-bas. Ils y sont depuis 70 ans et c’est difficile de vivre une vie où la seule perspective est de juste voir ses proches mourir à petit feu chaque jour. En général, on ne parle pas des réfugiés ou alors pour dire que c’est une situation insoluble. Je suis évidemment politiquement engagé et c’est ma contribution de montrer au reste du monde l’humanité de ces gens qui devraient être mieux traités