Accueil > Informations > Je suis née réfugiée dans mon pays et sur ma terre

Je suis née réfugiée dans mon pays et sur ma terre

Publié le vendredi 18 août 2017, Thèmes : - Culture, Lieux : - Gaza

Un beau texte de Huda, jeune palestinienne francophone de Gaza


Je suis les actualités sur la Palestine exactement comme une étrangère

Même un étranger possède plus de droits que moi en tant que Palestinienne

Au moins il peut entrer la Palestine comme touriste

Il peut voir sa beauté incarnée dans ses montagnes , ses anciens bâtiments, ses oliviers, ses habitants et surtout les personnes âgées qui ont vécu toute l’histoire de la Palestine « la paix et la guerre , le beau et le moche »

Cet étranger peut simplement respirer l’air Palestinien rempli de courage, rempli de cette envie de vivre malgré tout

Cet étranger peut aller vers nos villages et nos maisons aux quels nous n’avons pas accès

Les villages desquels nos grands père ont été expulsés

Cet étranger est autorisé à goûter le pain de Jérusalem, l’orange de Jaffa, les fraises d’Hébron

Il peut tout simplement s’amuser sur la plage de Jaffa, il peut tout simplement contempler la beauté de Haiffa

Il peut prendre une photo à côté de la mosquée Al-Aqsa , ou l’église de la Nativité

Cet étranger peut simplement avoir une conversation avec un Palestinien de Cisjordanie

Cet étranger peut faire tout ce que je ne peux pas faire en tant que Palestinienne

Cet étranger a de la chance d’être étranger et de voir mon pays

Si j’étais une étrangère j’aurais la même chance que lui

Mais malheureusement je suis née réfugiée dans mon pays et sur ma terre

Aujourd’hui comme une étrangère j’ai appris la mort d’un enfant Palestinien de 17 ans, il venait juste d’avoir son bac

Je suis sûre qu’il a dessiné tant de rêves à réaliser, mais ce qui est certain qu’il n’en réalisera aucun !

Au moins, il a essayé ce sentiment du succès

Un peu de joie avant sa mort ! Un peu de joie dans un monde injuste

Vous savez , c’est vraiment difficile de supporter l’injustice depuis votre naissance

Parfois il arrive un moment où vous voulez vraiment que tout cela s’arrête

Que le temps s’arrête, tout simplement parce que vous n’avez plus de la force pour continuer à supporter l’injustice

L’injustice, je n’aime pas ce mot, je n’aime pas l’écrire, je déteste le prononcer

Et je ne souhaite pas que vous viviez l’injustice !

Pour nous les Palestiniens , nous sommes nés au sein de l’injustice, je répète que c’est difficile de vivre ce sentiment, mais il est devenu notre quotidien depuis longtemps

Donc , nous savons comment nous y adapter

Tout cela est passager je sais

Je garde toujours l’espoir et je reste toujours le reflet de l’optimisme

Je vous souhaite une vie pleine de justice et de paix

De Gaza, Huda

Articles similaires