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LA BELLE PROMISE (UN FILM DE SUHA ARRAF)

Publié le mardi 5 mai 2015

UN FILM DE SUHA ARRAF

(La belle promise sera projetée en avant première dans le cadre du festival « Palestine en vue »)

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SYNOPSIS

En Palestine, trois sœurs issues de l’aristocratie chrétienne ont
perdu leur terre et leur statut social après la guerre des Six Jours
de 1967 avec Israël. Incapables de faire face à leur nouvelle
réalité, elles s’isolent du reste du monde en s’enfermant dans leur
villa pour se raccrocher à leur vie passée. L’arrivée de leur jeune
nièce, Badia, ne tarde pas à bousculer leur routine et d’autant
plus lorsqu’elles se mettent en tête de lui trouver un mari.

- PROPOS

Dès mon plus jeune âge, j’ai entendu parler de la beauté de Ramallah,
cette ville où les couples se rendaient pour leur lune de miel. Dans
mon esprit, Ramallah était une vile magique. Mais quand j’y suis allée
la première fois en 1990, je l’ai trouvée assez laide avec ses rues
vétustes, ses graffitis politiques et ses affiches de martyrs disséminées
partout. Ca m’a fait un choc. Où était passé le Ramallah dont on
m’avait parlé ?

En me promenant dans les rues étroites, j’ai compris que c’est par les
anciennes villas de pierres taillées, qui rappellent la grandeur passée,
que s’exprimait la beauté de la ville. J’ai pu, aussi, trouver les derniers
endroits où se réunit l’aristocratie qui n’a pas quitté le pays. Beaucoup
de femmes que j’ai rencontrées sont semblables aux personnages de
mon film, qui vivent dans leurs souvenirs et ne quittent pas leurs maisons
afin de ne pas être confrontées à la réalité difficile de leur ville sous
l’occupation. Ces maisons finissent par ressembler à des mausolées !

Ce sont ces images et ces souvenirs qui m’ont poussée à faire ce film.
Je voulais m’intéresser au sort de l’aristocratie palestinienne après la
guerre de 1967 ; c’est un sujet peu abordé en Palestine. On préfère
plutôt s’intéresser aux camps de réfugiés, au mur, à la rivalité entre le
Hamas et le Fatah, tout en ignorant cette partie de la population qui
est sur le point de disparaître. Je pensais que les gens seraient contents
de voir leur histoire sous cet angle pourtant il s’est avéré difficile de
gérer les envies de chacun.

Ils ne s’attendaient pas à ça surtout venant d’une réalisatrice palestinienne.
Ils voulaient plutôt voir les points de contrôle, les martyrs et
leurs mères en pleurs, les résistants, les réfugiés dans les camps.

Avec LA BELLE PROMISE, je veux mettre en avant la réalité de la vie
palestinienne, et montrer que les problèmes en Palestine, tels qu’ils
sont montrés aujourd’hui, mettent trop souvent de côté la question
de l’humain.

Ce n’est pas qu’une question de morts, de territoires ou de martyrs mais
plutôt d’êtres humains avec leurs forces et faiblesses, leur compassion
ou leur entêtement. J’avais l’impression que cela manquait aux films
palestiniens où nous sommes dépeints soit comme héros soit comme
victimes, sans jamais parler des êtres en tant que personne. C’est
précisément le sens de ma démarche.

L’OCCUPATION
J’ai voulu faire un film différent, mettre en avant les palestiniens, leur
vie et leur dignité propres. Tout ce qui touche au sujet de l’occupation
a déjà été traité. En tant que palestinienne qui vit dans mon pays sans
vraiment avoir de pays, je me rends compte que, comme beaucoup
d’autres réalisateurs palestiniens, j’écris des films à propos de l’occupation
sans m’en rendre compte. C’est peut-être dû au fait que l’occupation
est présente tout autour de moi : les soldats, les postes-frontières, les
murs et les morts.


Je me suis rendu compte que j’incorporais tous ces éléments dans le
film depuis le début. Par exemple, le couvre-feu imposé aux habitants
de la villa, l’isolation par rapport au reste du monde. Le mur tout
autour de la villa ressemble au mur autour de la Cisjordanie et ça n’est
pas une coïncidence. Au départ, le mur était censé être beaucoup plus
haut et cacher la lumière, mais pour des raisons de budget nous avons
dû nous contenter de quelque chose de plus petit.
Quand j’ai commencé à écrire ce scénario, je voulais raconter
l’histoire de ces trois soeurs qui ont arrêté le temps dans leur maison
pour ne pas faire face aux événements de l’extérieur. Elles se sont
enfermées dans cette villa malgré la chute de l’aristocratie de
Ramallah, la perte de leurs terres et de leur statut. Sans le vouloir,
j’ai vu que j’avais écrit un film sur l’occupation, l’internalisation de
l’occupation que chacun se fait subir. J’ai utilisé tous les symboles
qu’on retrouve sous l’occupation aujourd’hui, comme la balle d’arme
à feu que Khaled donne à Badia.
Tout cela explique aussi pourquoi la majeure partie du film se passe
à l’intérieur de la villa, qui reflète la réalité de Ramallah, entourée
par un mur.

- 
SUHA ARRAF : DIRECTRICE, SCÉNARISTE ET PRODUCTRICE

Suha Arraf est née dans le village palestinien de Melya près du Liban. Elle
commence sa carrière cinématographique en tant que productrice de
documentaires. Le plus récent, WOMEN OF HAMAS (2010) a reçu plus
d’une dizaine de récompenses dans plusieurs festivals internationaux. Elle
est également la scénariste de certains films du réalisateur Eran Riklis,
dont LA FIANCEE SYRIENNE (2004) et LES CITRONNIERS (2008). Ces
films ont reçu un vif accueil de la critique internationale. LES CITRONNIERS,
notamment, a obtenu le Prix du Meilleur Scénario aux Asia Pacific Screen
Awards 2008 et une nomination pour le Meilleur Scénario aux European
Film Award, la même année. LA BELLE PROMISE, (VILLA TOUMA), est son
premier long métrage en tant que réalisatrice.

- LISTE ARTISTIQUE

Juliette Touma : Nisreen Faour
Violette Touma : Ula Tabari
Antoinette Touma : Cherien Dabis
Badia Touma : Maria Zreik

-  LISTE TECHNIQUE

Productrice et réalisatrice : Suha Arraf
Scénariste : Suha Arraf
Directeur de la photographie : Yaron Scharf
Montage : Arik Lahav-Leibovich
Chef Décorateur : Eytan Levy
Costumes : Hamada Atallah
Musique : Boaz Schory

2014 • ARABE SOUS TITRÉ FRANÇAIS • PALESTINE • DCP • DURÉE : 85 MINUTES

AU CINÉMA LE 10 JUIN 2015